L’imprimerie offset ou numérique

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L’imprimerie offset ou numérique
 
 
« L’invention de l’imprimerie est le plus grand événement de l’histoire » [1]
 
 
L’impression Offset est née en 1903 ; l’impression numérique, en 1993. L’impression Offset s’est considérablement amélioré afin de réduire les couts, l’utilisation de la PAO (Publication assistée par ordinateur) et l’informatisation des imprimeries a permis une augmentation de la productivité, de la rentabilité et une baisse conséquente des coûts de fabrication. D’ailleurs, plus vous imprimez d’exemplaires d’un même ouvrage en une seule série, plus elle est rentable.
L’impression numérique est rentable pour les petits tirages et les petites séries, de 0 à 500 exemplaires. Elle utilise des imprimantes laser de différents formats (en fonction des quantités). Cette révolution technologique, avec le développement des formats Ebook et PDF, qui ont permis l’explosion des publications par les auteurs indépendants.
La qualité est pratiquement identique entre les deux types d’impression, grâce aux projets technologiques. N’oublions pas également que tous les imprimeurs ne sont pas des spécialistes du livre.
Enfin l’impression  à la demande, à l’unité a permis de vendre des exemplaires à la commande, sans stock, directement à partir d’un fichier PDF et d’une imprimante laser sophistiqué et spécialisé dans cette impression.
Pour les petits tirages, entre 200 et 500 exemplaires, il est évident que l’imprimerie numérique est idéale. Elle a enfin permis à l’auteur indépendant d’entrer à moindre coût dans le monde de l’édition.
Notons, tout d’abord, que la relation entre vous et l’imprimeur est la même que celle que vous pouvez avoir avec votre médecin : une relation de confiance. Il doit savoir vous écouter, vous conseiller pour le mieux, et vous refuser aussi certaines choses, si nécessaire. Il est donc primordial de savoir reconnaître un bon imprimeur. Après avoir passé tellement de temps à écrire votre texte, à l’avoir corrigé, ou fait corriger par un(e) professionnel(le), avoir travaillé une mise en page parfaite, ce n’est pas le moment de tout gâcher en se trompant d’imprimeurs. Il y en a beaucoup, tous ne sont pas des spécialistes du livre. Loin de là ! Pour vous en convaincre, nous avons laissé la « parole » — le clavier, plutôt ! — à M. François d’Arbaumont,[2] qui lui est un spécialiste du livre, aussi bien en offset qu’en numérique.
 
 
La différence entre Offset et Numérique :
 
L’impression numérique sur rotative[3] n’est pas un gadget artisanal (à 0,75 million d’euro la machine !), mais bien un moyen de production adapté pour des ouvrages à faible tirage (de 200 à 1 000 ex. en moyenne). Il est adapté aux tirages de l’auto-édition, mais aussi aux éditeurs professionnels pour des ouvrages très spécialisés, universitaires, scientifiques, confessionnels, etc., en tirage initial ou pour des réimpressions. Pour peu que la couverture ait été bien imprimée, rien ne différenciera un livre numérique ainsi fabriqué d’un livre offset traditionnel.

L’imprimerie numérique est une technologie laser, qui donne une impression plus noire, plus contrastée que l’offset qui est plus « grise » bien que noire. Ce sont des détails, mais il faut d’autant plus les signaler. L’usage du numérique est lié non pas tant au chiffre de tirage qu’au prix de revient à l’exemplaire, qui résulte d’un calcul simple :

    FRAIS FIXES        + FRAIS VARIABLES =        PRIX TOTAL
(administratif + calages) (prix de production unitaire x nombre d’exemplaires) qui, divisé par le nombre d’exemplaires, donne le Coût unitaire du Livre

Le « calage » d’une presse offset est coûteux et doit s’amortir sur un nombre assez important d’exemplaires. Le prix de « roulage » de chaque exemplaire, par contre, est relativement faible. Pour la technologie numérique, c’est exactement l’inverse : des coûts de mise en route réduits (pour une rotative), voire très réduits pour une imprimante numérique type Docutech (sorte de gros copieur A3) ; par contre, des coûts de production à l’exemplaire prohibitifs, en grande partie imputables au fabricant de l’imprimante (Océ, IBM, Xérox, etc.) : toner et tous les consommables informatiques comme développeur, pièces d’usure, cylindre d’impression. Il y a aussi des frais de dossier : ouvrir un dossier pour 5 exemplaires est aussi coûteux que pour 100 ou 1 000 exemplaires. Frais de traitement de fichier, vérification, Bons à Tirer… Il faut aussi préparer le papier, les postes de travail, etc. Donc :

  • Amortis sur 5 ou 50 ex., ces frais fixes pèsent plus lourd à l’unité que s’ils sont amortis sur 200 Ex. ;
  • Amortis sur 200 ex., ils pèsent plus lourd que pour 500 ex., et ainsi de suite.
  • Plus le tirage augmente, plus le prix de revient à l’exemplaire baisse rapidement pour l’offset ;
  • Le prix de revient unitaire du livre numérique est pratiquement

Arrive la quantité fabriquée où le livre produit en offset revient moins cher que le livre produit en numérique et là, la différence augmente très, très vite. Globalement, pour des tirages au-delà de 200 exemplaires (je connais mal le marché en deçà, où il est rare de trouver de vrais professionnels du livre), l’offset deviendra intéressante (avec des imprimeurs spécialisés dans cette production) vers :

  • 700 exemplaires d’un livre de forte pagination (+ de 400-500 pages) ;
  • 1 000 -1 100 exemplaires pour des livres autour de 200 pages.

La qualité diffère également entre le numérique et l’offset (traité par des professionnels, du livre s’entend) : le numérique donne un rendu très noir (toner) là où l’offsettiste va imprimer le texte légèrement gris (toujours le problème du contraste-confort de lecture). De même, les niveaux de gris (cadres grisés, bandeaux, images noir et blanc) sont encore moins bien traités par le numérique à support papier égal.
 
Remarque : « un imprimeur exclusivement numérique sera plutôt un reprographe, sans expérience de typographie. Un imprimeur offsettiste ne sera pas obligatoirement non plus expérimenté en matière de livre… Donc, avant de confier son livre à un imprimeur, toujours exiger qu’il montre de nombreux échantillons de livres qu’il a – sinon réalisés, car c’est difficile à savoir – au moins « achevé d’imprimer ».[4] Sinon, fuir ! »

Quel papier choisir :

Dans le numérique, la plupart des « reprographes » — et c’est un moyen de les repérer —, ne proposent que de l’offset plus ou moins blanc ou ivoire, plus ou moins épais… Un « bon » imprimeur numérique proposera aussi des bouffants, des couchés mi-mat pour des ouvrages avec niveaux de gris. Pour des ouvrages universitaires, c’est souvent l’offset qui est choisi. Pour les très fortes paginations, il propose des offset minces opacifiés (jusqu’à 50 g).
En offset, nous avons une gamme de papiers très large, vergés, vélin, ± chiffon, couchés, couchés mi-mat, couchés mat (jusqu’à 170 g), etc., mais elle n’est pas disponible en numérique.

Les types de papiers :
 

  • Le papier Standard 80 g blanc a pour caractéristique d’être équivalent au papier d’imprimante A4. Choisissez ce papier si vous souhaitez imprimer un roman, ou un livre de poche.
  • Le papier Bouffant 90 g blanc a pour caractéristique d’être légèrement cotonneux. Choisissez ce papier si vous souhaitez imprimer un roman, ou un livre de poche. Il n’est pas adapté lorsqu’il y a des photos en couleur. Au toucher, vous aurez une sensation de douceur.
  • Le papier Bouffant 90 g crème a pour caractéristique d’être légèrement cotonneux et d’avoir une couleur donnant un rendu ancien. Choisissez ce papier si vous souhaitez imprimer un roman, ou un livre de poche. Il n’est pas adapté lorsqu’il y a des photos en couleur. Au toucher, vous aurez une sensation de douceur.
  • Le papier couché satin 90 g blanc a pour caractéristique d’avoir un toucher lisse. Choisissez ce papier si vous souhaitez imprimer un livre photo, une bande dessinée, un roman ou un livre de poche. Il saura mettre en valeur vos photos en couleur. »[5]

 
L’échelle des prix :
 
Il est extrêmement hasardeux de fournir des grilles de prix. Chaque titre imprimé fait systématiquement l’objet d’une étude approfondie par l’imprimeur avant d’établir son devis, qui prend en compte de nombreux critères. Cependant, voici quelques exemples de prix recueillis sur le marché, tous pour des livres intérieur noir, en dos carré collé sans couture, sur offset ou bouffant (prix sensiblement identique, mais aspect différent), avec couverture quadri pelliculée sur carte 240 g, une face.
 

  • 1 000 ex. – 13,5 x 23,5 – 256 p. : 3,25 € l’ex. en offset.
  • 1 000 ex. – 14,0 x 21,0 – 80 p. : 1,84 € l’ex. en offset.
  • 1 000 ex. – 14,0 x 21,0 – 192 p. : 2,55 € l’ex. en offset.
  • 500 ex. – 14,0 x 21,0 – 192 p. : 4,52 € l’ex. en offset.
  • 500 ex.- 16,0 x 24,0 – 224 p. : 5,88 € l’ex. en offset.  
  • 500 ex. – 16,0 x 24,0 – 224 p. : 4,45 € l’ex. en numérique.
  • 500 ex. – 16,0 x 24,0 – 274 p. : 5,61 € l’ex. en numérique.
  • 300 ex. – 16,0 x 24,0 – 274 p. : 6,84 € l’ex. en numérique.
  • 500 ex. – 15,0 x 22,5 – 364 p. : 5,60 € l’ex. en numérique.
  • 500 ex. – 14,5 x 21,0 – 158 p. : 3,51 € l’ex. en numérique.
  • 200 ex. – 14,8 x 21,0 – 152 p. : 5,44 € l’ex. en numérique.

 
On observe donc que la quantité produite influe très manifestement sur le prix de revient unitaire. Les deux derniers exemples sont très significatifs à cet égard. Ces quelques exemples doivent pouvoir vous permettre de juger si le devis de votre imprimeur est dans la norme ou totalement hors norme.
 
[1] Victor Hugo
[2] Notre imprimeur, de 100&UN, en partenariat avec Maury. Livraison partout en France, franco de port.
[3] La plus utilisée chez les imprimeurs numériques professionnels.
[4] « L’achevé d’imprimé », noté par l’imprimeur en fin de livre, est obligatoire, en France. Il n’existe pas aux Pays-Bas.
[5] https://www.coollibri.com/conseils

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